Ecofocus – le label 1% pour la Planète
Avec tous les discours des entreprises et des individus sur l’environnement, la RSE, etc. , difficile parfois de faire la différence entre le greenwashing total, le comportement minimal, les actes de bonne volonté, et un engagement plus concret… Les (éco-)labels ont le mérite d’essayer de prouver les bonnes pratiques,… à condition de s’en sortir dans cette jungle de certifications. Pour vous y aider, EcoAltitude.com se jette dans l’analyse de ces labels.
Aujourd’hui donc, petit focus sur 1% pour la Planète.
1% pour la Planète est le label éponyme de l’ONG qui l’a créé, basée aux USA, mais à rayonnement mondial. C’est une fondation née en 2002, issue de l’idée de 2 créateurs d’entreprises prospères, Yvon Chouinard, le patron emblématique de Patagonia, bien connue par les passionnés de sports outdoor, et Craig Mathews, propriétaire de Blue Ribbon Flies, une marque de matériel de pèche à la mouche.
Pourquoi cette fondation ? Parce que les deux hommes sont aussi des environnementalistes passionnés, et qu’ils replacent l’Homme avec bonne humilité comme un simple habitant et non un dominant de la Terre, mais également avec la conscience des entrepreneurs, celle là même qui est à l’origine du concept de développement durable : préserver pour mieux durer !, puisque sans ressources naturelles, aucune entreprise ne peut exister.
Leur idée donc ? inciter les entreprises à verser 1% de leur chiffre d’affaire comme une « taxe pour la Terre », reversée à des organismes environnementaux, dont l’objet est justement de s’attacher à préserver les milieux. Pour y arriver, les deux hommes s’inspirent des mêmes démarches et clés de succès à l’origine de la réussite de leurs entreprises. Ils fondent en 2002 l’organisation à but non lucratif 1% pour la Planète, lui conférant une identité juridico-communicationnelle, et commencent à la promouvoir, avec pour rôle de jouer la tierce partie pour attester que les membres versent bien leur contribution volontaire, car oui, il s’agit là d’une démarche autonome, ce qui souligne la réelle volonté d’engagement des décideurs !
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Aujourd’hui (19/02/2012), c’est 1463 entreprises labellisées qui versent 1% de leur CA à 2 790 groupes environnementaux agrées par l’ONG, pour un total de, tenez-vous bien, 70 millions de dollars US de dons depuis l’origine du mouvement, soit de quoi mener de belles actions concrètes !
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Bref, EcoAltitude.com est POUR ce label, alors si vous avez le choix, préférez les entreprises qui adhèrent ! Vous pourrez les reconnaître grâce à ce logo >
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Patagonia, entreprise durable avant-gardiste
Patagonia n’est surement plus à présenter dans le cadre ce blog, mais pour les badeaux de passage, cela mérite quelques brèves lignes de présentation pour cette entreprise précurseur de l’éco-innovation dans tous les sens du terme : des produit, certes, mais aussi des process, de la philosophie de vie et de travail, et même du business model.
Avant tout, il y a un homme, Yvon Chouinard, qui a su créer dès l’origine et, plus rare, pérenniser une entreprise à son image : passionnée et à contre-courant (ou presque).
Le (sacré) personnage est originaire des Etats-Unis d’Amérique, né en Californie, entre mer et montagne. Amoureux de grimpe, il commence, à 18 ans seulement, par forger dans son garage ses pitons, réutilisables, pour que ceux ci répondent parfaitement aux besoins de la discipline. Innovant, son matériel intéresse ses amis, puis les grimpeurs locaux, puis ceux de plus loin, et voilà pour faire court, les prémices de sa première entreprise qui deviendra Black Diamond (rien que ça !), elle aussi bien connu des passionnés de sports de montagne.
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Dans les années 70, préoccupés par la dégradation de la roche que l’escalade, qui devenait de plus en plus populaire, Chouinard et Frost, son ami et collaborateur décident d’arrêter progressivement les pitons, pourtant au top des ventes et de l’image de marque de Chouinard Equipement, remplacés par les coinceurs bien connus en escalade propre. Là déjà on peut comprendre la ténacité du personnage : bouleverser le business model de son entreprise pour une raison environnementale !
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Revenons en à nos moutons, Patagonia ! A la même période, dans les années 70 donc, Yvon Chouinard ramène d’un voyage en écosse en bon vieux maillot de rugby, en coton épais, indestructible ! bien utile à cette période durant laquelle ou n’existait pas l’outerwear et toutes les marques outdoor actuelles. L’entrepreneur fait de nouveau mouche en répondant à un besoin des autres pratiquants : des habits pour grimper. Là encore l’entourage lui demande comment se procurer de tels équipements. Yvon Chouinard se lance donc dans l’import de polos Umbro (c’est d’ailleurs très marrant aujourd’hui de se dire que Umbro est l’une des premières marques d’Escalade
), stock qu’il épuise rapidement. Il trouve d’autres fournisseurs, élargit la gamme de textile, bref, devant l’activité florissante, il faut à nouveau trouver une marque support, qu’il veut dissocier de Chouinard Equipement pour ne pas limiter l’usage des habits Outdoor, Patagonia est née !
Je vous passe l’évolution technologique, et les péripéties philosophiques (très bien résumée dans Homme d’Affaire malgré moi, la biographie de Yvon Chouinard, référence en fin de post). Toujours est-il qu’aujourd’hui encore Patagonia est l’illustration d’une marque qui concilie passion, pratique, et combat environnemental, en proposant l’une des plus large gamme de vêtements éco-conçus pour la pratique de l’escalade, des sports outdoor, et du surf. Mais l’entreprise se démarque aussi en consacrant une partie de ses ressources (temps et argent) à la préservation de l’environnement. Yvon Chouinard est d’ailleurs l’un des co-fondateurs de 1% pour la Planète.
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Patagonia a des détracteurs (cela reste une entreprise, et certains lui reproche d’être dans le discours), mais chez EcoAltitude.com, c’est une marque que nous apprécions, car la vision écologique passe non pas par un futur rétrograde, mais par une éco-conception et une sensibilisation des usagers à l’environnement. Nous lui adressons juste un carton rouge : d’avoir sacrifié un peu de ses convictions sur l’hôtel du marketing, avec sa dernière collaboration avec Gore-Tex, une décision que nous prêtons plus au « monopole communicationnel » du chimiste, puisque les alternatives plus éco-friendly existent… Alors, attention à ne pas se tromper de sens dans les développements futurs… Nous surveillons et vous tenons informés !
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Elévation Technologique – La membrane Sympatex
Aujourd’hui, petit point technologique sur EcoAltitude.com, avec pour sujet, les membranes !
Dans le monde des membranes, Gore-Tex bénéficie malheureusement d’une trop grande notoriété acquise grâce à un marketing sans faille. De nos jours des tas de technologies de membrane proposent des performances équivalentes voire supérieures (MP+, Outdry, …), tout en offrant un bilan environnemental moins lourd ! (les membranes Gore-Tex emploient du PTFE, composé téflonné…).
Pour mémoire, une membrane est le composant qui permet de développer des équipements qui sont à la fois imperméables à la pluie et au vent, protégeant donc des intempéries extérieures. Mais une membrane confère également la capacité de « respirabilité », c’est à dire que la transpiration corporelle est évacuée vers l’extérieur, et garantie que le corps restera sec, pour une protection absolue lors de l’effort. Ceci explique l’importance des technologies de membranes dans les équipements pour les sports Outdoor, particulièrement confrontés de fait aux aléas des conditions météorologiques.
Parmi ces membranes alternatives, Sympatex a particulièrement sa place sur ce blog. En effet, leur technologie se base sur une membrane composée en Polyether Ester, qui est donc 100% recyclable, comme une bouteille PET, sans altérer les réelles propriétés de protection de ce composant. En effet, selon l’entreprise (auto-déclaration), leurs membranes peuvent atteindre 35 Schmerber en imperméabilité et 35 000 g/m²/24h en respirabilité au test MVTR.
Attention : il est important de ne pas tomber dans le greenwashing, et de préciser que cette membrane à elle seule ne suffit pas à dire que tel ou tel produit est écologique car recyclable, puisque celà dépend des autres composants. Mais les perspectives débloquées sont donc intéressantes puisque cette membrane qui serait apposée sur une veste composée à 100% en polyester par exemple (tissu 100% polyester, zip moulés, et boutons pressions) pourrait ainsi rentrer directement et objectivement dans un vrai cycle de recyclage, qui serait par ailleurs plus simple, et donc moins coûteux ce qui pourrait limiter les objections de la part des parties prenantes.
Enfin, pour ne rien enlever à Sympatex, les membranes sont également certifiées Bluesign et Oeko-Tex Standard 100 classe 1 (sans danger pour la peau). Bref, une technologie à laquelle nous souhaitons un bel avenir dans cette « guerre technologique » des membranes.
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Blue Ice – Une jeune marque Chamoniarde engagée
Blue Ice est un jeune équipementier fondée en 2008 à Chamonix. L’entreprise conçoit et produit du matériel de montagne dans une démarche de design épuré et d’impact minimal sur l’environnement.
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Outre le choix de matériaux recyclés lorsque l’alternative existe, le choix des fournisseurs passe par WRAP (Worldwide Responsible Apparel Production), une ONG dédiée à l’amélioration des conditions de travail dans les pays en voie de développement.
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Et pour compenser tout ce qui ne peut pas être d’avantage minimisé, à savoir tout ce qui résulte d’une journée de travail normale (électricité, déplacement, etc…), l’entreprise est membre de 1% Pour la Planète. Blue Ice reverse ainsi 1% de son CA à des associations à but non lucratif oeuvrant pour le développement durable.
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Blue Ice conçoit des produits qui ont une belle ligne, et qui offre une alternative éco-conçue sur le marché. Je souhaite à toute l’équipe toute la réussite qu’elle mérite au vue de l’énergie dépensée et de sa motivation.
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Vaude – sac Challenger – La marque allemande rafle encore une fois un « Eco-Award » …
Vaude est un équipementier Allemand spécialisé dans l’équipements pour les sports de montagne, dont vous pouvez trouver une petite présentation ici.
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La marque très investie dans une démarche éco-responsable, notamment au travers du développement du standard Bluesign(R), avait remporté un Eco-Responsibility Award lors d’Ispo 2011 pour sa tente Blue One. Elle se voit une nouvelle fois récompensée par un jury de professionnel lors du salon OutDoor 2011 de Friedrichshafen, mais pour l’occasion pour son sac à dos Challenger.
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Mais cette fois, dans le milieu professionnel des équipementiers, la récompense fait un peu jaser… En effet, le Challenger de Vaude est un sac à dos d’alpinisme réalisé en matériaux certifiés, une belle ligne épurée, avec une accessoirisassion bien adaptée à cette activité (porte-crampons facilement accessible, système porte-piolets et portes-matériels,…)… Bref, un produit de plus sur le marché qui offre un choix responsable, et ça c’est très bien ! Mais il n’y a pas de quoi casser 3 pattes à un canard puisque l’on connait déjà des sacs de montagne éco-friendly, que ce soit chez dans des MDD comme Quechua, chez des groupes connus (Lafuma) ou des plus petites marques comme Blueice.
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Alors, si l’Award ne récompense pas une vraie avancée en matière d’éco-conception, nous sommes en droit de nous demander la pertinence de la récompense. D’ailleurs, à termes, il serait dommage que ce qui servait à encourager et promouvoir les bonnes pratiques côté industriel, attiré par les bénéfices d’une promotion de leurs produits, tombe en désuétude à cause d’une objectivité peut-être dictée d’avantage par les capitaux que par l’inovation éco.
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Pour conclure, je dirais qu’il est bon de voir qu’à l’été 2012, on trouvera encore des nouveaux produits éco-conçus pour élargir l’offre disponible. En revanche, il serait bon aussi que les acteurs privés de certifications, récompenses, labels, etc… ne se mettent pas à apporter d’avantage de flou et de suspicion à cette thématique qui souffre déjà d’un manque de lisibilité à cause du greenwashing. Il ne manquerait plus qu’une guerre intestine, au sein des entreprises qui se bougent pour faire avancer les choses, vienne ralentir les bonnes volontés pour des raisons économique. Il reste encore beaucoup d’effort à faire en matière d’éco-innovation, et la crédibilité de la démarche d’éco-conception et du progrès dans l’équipement Outdoor est en jeu, pour préserver toujours et encore notre terrain préféré !
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- Personnelles (présence sur place à OutDoor 2011)
- OutDoor 2011
- Blue Ice
- Bluesign
- Vaude



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